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Interdev,
juin 2001.
La question de la qualité de l'information est une question récurrente
dans la gestion des systèmes d'information et notamment lorsqu'ils
sont basés sur un fonctionnement décentralisé. D'autant
plus lorsque les producteurs ne sont pas des spécialistes de l'information,
ce qui est le cas dans un système qui s'appuie sur l'échange
d'expériences.
Quel type de processus qualité peut-on appliquer aux systèmes
d'information ? Cette question n'est pas nouvelle et fait l'objet de recherches
et d'une littérature abondante. De façon concrète,
la mise en uvre de ces processus de qualité se heurte constamment
à la question des moyens : formation des producteurs d'information
au traitement de l'information, temps consacré à l'actualisation
permanente des données, intégration d'une composante
forte de veille et d'animation sur les contenus.
La
première
interrogation porte sur les critères de qualité
Le problème ne réside pas tant dans la formalisation
théorique d'un certain nombre de critères de traitement
de l'information mais dans leur mise en uvre concrète.
- une information
de qualité est une information actualisée : comment se
donner les moyens d'une veille régulière de l'information
engrangée dans un système d'information,
- dans un service
dont les producteurs sont multiples, la qualité s'acquière
par le partage des modes de traitement de l'information (format des
données, homogénéité des modes de qualification
de l'information
- thesaurus, etc.)
: comment développer cette culture commune ?,
- En termes de qualité
de l'information, la capacité à qualifier les publics
et usages de l'information donnée présente une valeur
ajoutée importante : comment amener les producteurs d'information
à cette démarche ?
- Une information
de qualité est une information complète, précise.
Notamment dans le domaine de l'échange d'expérience, l'information
doit tirer les enseignements de l'expérience, analyser son impact,
les méthodes mises en oeuvre. Elle ne peut se contenter d'en
restituer le déroulement et les résultats : comment appuyer
la capacité des praticiens - dont la fonction première
n'est pas de communiquer, à effectuer cette démarche ?
Comment mobiliser les moyens et renforcer les compétences pour
le faire ?
- dans le domaine
de l'échange d'expérience, une information de qualité
est une information issue des actions de terrain, restituée de
façon neutre et objective : comment permettre que cette neutralité
soit garantie ?
Cette liste de critères
et les interrogations que chacun d'entre eux renvoie est loin d'être
complète.
D'une
façon générale, il n'existe pas de norme
de qualité, reconnue et partagée dans le monde
du développement et dans le domaine de l'échange
d'expérience.
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| Disposer
de façon validée, c'est-à-dire appuyée
sur des expériences réussies, d'un ensemble de
critères à même de fonder la qualité
de l'information et dont la mise en uvre s'appuie sur
des méthodes éprouvées répond à
un besoin réel. |
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Deuxième interrogation : quel équilibre entre exigence
de qualité et quantité ?
Afin de permettre les mises en relation, les comparaisons, les critères
d'analyse d'une expérience sont exigeants. D'autre part, il est
indispensable d'arriver à développer une culture commune
quant au traitement de l'information.
Cela amène à considérer que la production d'information
et notamment la production de fiches expériences est relativement
coûteuse en temps. Il s'agit alors de trouver un juste équilibre
entre qualité et quantité.
- Une expérience
trop peu documentée, ou documentée selon des formats distincts
et propre à chaque organisme producteur, conduit trop souvent
à se contenter d'informations insuffisamment pertinentes en regard
de l'attente des utilisateurs ou d'informations qui sont difficiles
à mettre en regard les unes des autres.
- A l'inverse, il
apparaît rapidement que trop d'exigences conduit à réduire
de façon drastique le nombre de références produites.
Peu d'organismes ont en effet les capacités (à la fois
méthodologiques et financières) d'analyser de façon
complète les expériences dans lesquelles ils se trouvent
impliqués. Un niveau d'exigence trop élevé peut
conduire à décourager l'alimentation du service d'information
par les parternaires, ce qui finirait par se révéler contradictoire
avec l'objectif initial de faire remonter facilement des expériences
de terrain par des acteurs peu entraînés à analyser
en détail leurs observations.
Quel
est le juste compromis qui peut être trouvé entre ces
deux dérives potentielles (insuffisamment ou trop d'exigences).
Cet enjeu renvoie surtout à la question du coût des services
d'information : produire une information de qualité demande
du temps. |

Troisième interrogation : peut-on parler de qualité sans
mettre en place un processus formel de validation ?
Parler de qualité dans les systèmes d'information, c'est
être en mesure de la démontrer et de la garantir.
Est-il réellement possible de mener cela a bien sans développer
les fonctions de veille sur les contenus et d'animation. ?
A quel coût la prise en compte de cette fonction est-elle possible
sans mettre en péril la viabilité et la pérennité
des services d'information ?
Le service Interdev s'appuie sur un ensemble de réseau thématiques.
Chacune d'eux est animé par un coordinateur qui a notamment pour
fonction de valider l'information collectée par les différents
partenaires. Un processus de validation formelle a été mis
en place pour ce qui concerne les fiches expériences.
L'expérience après quelques mois de capitalisation nous
conduit à mettre en valeur les point suivants:
- cette fonction
de validation est indispensable,
- une méthode
pertinente consiste à mutualiser entre les membres du réseau
cette fonction : un processus de validation croisée est ainsi
mis en uvre, chaque partenaire selon ses compétences propres
prenant en charge la validation des contenus dans un domaine spécifique,
- une animation
générale reste nécessaire : elle permet d'homogénéiser
les méthodes des différents partenaires, de garantir en
final la cohérence générale du service.
- L'enjeu prioritaire
dans ce domaine réside donc dans la capacité à
mobiliser - de façon pérenne - les ressources nécessaires
à ces fonctions de veille.

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